• Roland Barthes : continuités
Roland Barthes : continuités

Roland Barthes : continuités

Y aurait-il deux Roland Barthes, comme nombre de travaux semblent le donner à penser ? Le Roland Barthes des années « th éories », sémioticien et critique des idéologies, et le Roland Barthes « hédoniste », écrivain du Plaisir du texte et de La Vita Nova ? À l’encontre de cette tendance, le propos du colloque de Cerisy et des articles réunis ici a été de considérer l’oeuvre comme un ensemble cohérent, parcouru, certes, par des inflexions et des revirements, mais remarquable surtout par sa continuité et ses fidélités. Influences, appariements, appropriations, détournements mais aussi mises à distance, voire reniements seront ainsi interrogés en sorte de faire apparaître la singularité et la fécondité d’une pensée sans cesse en porte-à-faux, faisant de la contradiction ou du paradoxe le moteur même de son avancée. Au-delà du clivage entre un « premier et un « dernier » Barthes, sont également convoqués les textes critiques de la première heure et les oeuvres en procès, publiées ou non de son vivant. À travers quelques-uns des nombreux objets traités par « l’écrivain-écrivant » (dont la littérature, le théâtre, la mode, le discours de presse, la musique, la photographie), le présent ouvrage retrace, texte à l’appui, la genèse intellectuelle d’un certain nombre de concepts (dont l’idéologie, la doxa, le langage, l’écriture, l’engagement, le style, le désir, le plaisir, le neutre). Il questionne également les relations de Barthes aux principaux penseurs et écrivains passés ou contemporains et interroge ses rapports à quelques disciplines phares telles que la critique, l’histoire, la linguistique, la sémiologie, la philosophie, l’anthropologie, la sociologie. Le propos de chaque chercheur est scindé, clair et identifié. Ces actes du colloque de Cerisy présentent une mosaïque complète et pertinente de Barthes, sa forme d’écriture, son positionnement à l’intérieur des disciplines de recherches dans lesquelles il se plaçait, sa pratique littéraire, sa tentation de l’écriture de soi, sinon romanesque. Jean-Pierre Bertrand enseigne la littérature des XIXe et XXe siècles et la sociologie de la littérature à l’université de Liège. Il s’est notamment spécialisé dans l’histoire des formes littéraires au XIXe siècle et a publié en 2006, avec Pascal Durand, La modernité romantique. De Lamartine à Nerval (Impressions nouvelles) et Les Poètes de la modernité. De Baudelaire à Apollinaire (Seuil). Il a réédité en GF quelques textes marquants de la littérature « fin de siècle » : Laforgue, Rodenbach, Dujardin, Schwob et Corbière (2018). Il a publié, avec Paul Aron, Les 100 mots du surréalisme et Les 100 mots du symbolisme en « Que sais-je ? ». Il a publié en 2016 les Poèmes en prose d’Émile Verhaeren dans le cadre de la réédition de ses Poésies complètes (Bruxelles, Archives et Musée de la littérature). Son dernier ouvrage, Inventer en Littérature. Du poème en prose à l’écriture automatique, est paru aux éditions du Seuil (« Poétique », 2015). Voir la suite

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